Trousse de premiers secours du chasseur : quoi emporter et comment réagir en cas d'urgence en pleine nature
10 de septembre de 2026

Trousse de premiers secours du chasseur : quoi emporter et comment réagir en cas d’urgence en pleine nature

Une chute, une coupure causée par une branche, une entorse ou un changement brusque de température peuvent transformer une journée de chasse en une situation délicate.

Lorsque l’incident se produit dans une zone isolée, il est d’autant plus important d’emporter le matériel adéquat et de savoir s’en servir.

La trousse de secours du chasseur doit être légère, résistante et adaptée au type d’activité, à la durée de la sortie, aux conditions météorologiques et à la distance par rapport au point d’accès des services d’urgence. Son rôle n’est pas de se substituer à une prise en charge médicale, mais de permettre une première intervention en toute sécurité jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à ce que l’on puisse rejoindre un centre médical.

Il est tout aussi important de l’emporter que d’en vérifier régulièrement le contenu et de disposer d’une formation de base en secourisme.

Avertissement : cet article fournit des conseils généraux en matière de premiers secours et ne remplace ni la formation pratique ni l’évaluation par des professionnels de santé. En cas de blessure grave, d’altération de la conscience, de difficultés respiratoires, d’hémorragie importante ou d’aggravation rapide de l’état de santé, appelez le 112 et suivez ses instructions.

Que doit contenir une trousse de premiers secours de base pour la chasse ?

Pour une sortie de courte durée, dans une zone connue et relativement proche des voies d’accès, une trousse minimale peut contenir :

  • Des gants jetables en nitrile.
  • Des compresses stériles de différentes tailles.
  • Des pansements adhésifs.
  • Un bandage élastique.
  • Du sparadrap résistant.
  • Sérum physiologique en monodose pour rincer les plaies ou les yeux.
  • Antiseptique cutané.
  • Ciseaux à bouts arrondis.
  • Pinces.
  • Une couverture thermique.
  • Compresses froides instantanées.
  • Sacs résistants pour jeter le matériel contaminé.
  • Une petite fiche indiquant les numéros de téléphone, les allergies, les maladies et les médicaments habituels.

Les gants doivent se trouver dans une partie accessible de la trousse de secours, et non pas enfouis sous le reste du matériel. Ce sont les premiers accessoires à utiliser lorsque l’on s’occupe d’une personne blessée ou souffrant d’une hémorragie.

Trousse de secours complétée pour les zones isolées

Lorsque la sortie se déroule loin des sentiers praticables, que l’on part seul ou que l’évacuation risque d’être retardée, il est conseillé d’enrichir le contenu :

  • Davantage de compresses et de pansements compressifs.
  • Bande triangulaire.
  • Attelle malléable légère.
  • Pansements pour ampoules.
  • Gel hydroalcoolique pour les mains, à ne pas appliquer directement sur les plaies.
  • Crème solaire.
  • Répulsif anti-insectes.
  • Outil spécifique pour retirer les tiques.
  • Sels de réhydratation orale.
  • Lampe frontale avec piles ou batterie de rechange.
  • Sifflet.
  • Chargeur portable pour téléphone.
  • Une deuxième couverture thermique.
  • Marqueur indélébile pour prendre des notes.
  • Feuille indiquant les coordonnées, l’itinéraire prévu et les contacts d’urgence.

Pour les activités présentant un risque accru de traumatisme, il peut être judicieux d’ajouter une compresse hémostatique et un garrot homologué disponible dans le commerce. Cependant, ces éléments nécessitent une formation spécifique. Un garrot ne doit pas être inclus dans la trousse de secours en pensant que l’on apprendra à s’en servir en cas d’urgence.

Est-il recommandé d’emporter des médicaments ?

La trousse de secours peut contenir les médicaments personnels prescrits à chaque chasseur ou qu’il utilise habituellement, à condition qu’ils soient toujours protégés, identifiés et dans leur date de péremption.

Il ne faut pas partager de médicaments ni les administrer à une autre personne sans connaître ses allergies, ses maladies, les interactions possibles ou les contre-indications. Les personnes ayant des antécédents de réactions allergiques graves doivent emporter les médicaments de secours prescrits par leur médecin et s’assurer que leurs compagnons savent où ils se trouvent.

Comment ranger et entretenir la trousse de secours

Son contenu doit être transporté dans un sac imperméable ou étanche, clairement identifié et facile à ouvrir. Il ne sert pas à grand-chose d’emporter une trousse de secours complète si elle est enfouie au fond du sac à dos.

Il est conseillé de la vérifier avant chaque saison et après chaque utilisation :

  • Remplacez le matériel utilisé ou détérioré.
  • Vérifiez les dates de péremption.
  • Vérifiez que les emballages stériles sont intacts.
  • Évitez de stocker des médicaments ou des pansements pendant des mois dans un véhicule exposé à la chaleur.
  • Adaptez le contenu à la saison, au terrain et à la durée de la sortie.
  • Assurez-vous que tous les membres du groupe savent où elle se trouve.

Avant de porter secours : protéger, alerter et aider

En cas d’accident, il convient d’appliquer la méthode PAS :

1. Protéger

Vérifiez que l’endroit est sûr pour la personne blessée, pour vous et pour le reste du groupe. Lors d’une activité cynégétique, il est indispensable d’interrompre l’action, d’alerter les participants et d’éviter tout nouveau tir.
Les armes doivent être mises en sécurité et éloignées de la zone d’intervention, à condition que cela puisse se faire sans ajouter de risques ni retarder une intervention d’urgence. Il faut également contrôler les autres dangers : dénivelés, circulation sur les pistes, chiens agités, feu, branches instables ou conditions météorologiques défavorables.

2. Prévenir

Appelez le 112 en cas de blessure grave, d’hémorragie qui ne s’arrête pas, de perte de conscience, de difficultés respiratoires, de fracture présumée, de douleur intense, de désorientation ou de situation empêchant de rentrer en toute sécurité.

Lorsque vous appelez, précisez :

  • L’emplacement le plus précis possible.
  • Les coordonnées GPS si vous en disposez.
  • Le nombre de personnes blessées.
  • Ce qui s’est passé.
  • L’état de conscience et la respiration.
  • La présence d’hémorragies ou d’autres risques.
  • L’accès le plus proche pour les équipes de secours.
  • Les conditions météorologiques et la visibilité.

Ne raccrochez pas avant qu’on vous le demande. Gardez votre téléphone à portée de main, économisez la batterie et suivez les instructions du personnel des secours.

3. Porter secours

N’apportez que l’aide que vous savez prodiguer. Ne déplacez pas une personne susceptible de présenter une lésion de la colonne vertébrale, du bassin ou du cou, sauf si le fait de rester sur place représente un danger immédiat.

Si la personne est inconsciente et ne respire pas normalement, appelez le 112 ou demandez à quelqu’un de le faire, puis commencez les gestes de premiers secours indiqués par les secours. Une formation en présentiel à la réanimation cardio-pulmonaire est l’un des meilleurs investissements en matière de sécurité pour ceux qui fréquentent des zones isolées.

Comment réagir face aux coupures et aux blessures

Les coupures causées par des branches, des pierres, du fil de fer ou des outils comptent parmi les incidents les plus courants en montagne.

En cas de blessure légère :

1. Lavez-vous les mains et enfilez des gants.
2. Rincez abondamment la plaie avec du sérum physiologique ou de l’eau potable.
3. Retirez uniquement les saletés superficielles qui s’enlèvent facilement.
4. Séchez avec une compresse propre, sans frotter.
5. Appliquez l’antiseptique en suivant les instructions.
6. Couvrez la zone avec un pansement stérile.
7. Surveillez ensuite l’apparition d’une rougeur progressive, d’une sensation de chaleur, d’un gonflement, de pus, de fièvre ou d’une douleur croissante.

Ne versez pas de gel hydroalcoolique sur une blessure. N’extrayez pas non plus les objets volumineux ou profondément enfoncés : ils pourraient limiter une hémorragie et leur retrait doit être effectué par du personnel soignant.

Les plaies profondes, très contaminées, perforantes, causées par des morsures ou touchant les mains, le visage, les yeux ou les articulations doivent faire l’objet d’un examen médical. Il convient également de vérifier que la vaccination contre le tétanos est à jour.

Que faire en cas d’hémorragie importante

Une hémorragie abondante constitue une urgence. Il faut appeler le 112 dès que possible.

En attendant l’arrivée des secours :

1. Enfilez des gants si vous en avez.
2. Placez une compresse ou un pansement sur la plaie.
3. Appliquez une pression directe, ferme et continue.
4. Si le pansement est imbibé de sang, ne retirez pas le premier : ajoutez du matériel par-dessus et continuez à appuyer.
5. Maintenez la personne allongée, au chaud et sous surveillance.
6. Ne lui donnez ni à manger ni à boire si elle risque de nécessiter une intervention d’urgence ou si elle présente une altération de la conscience.

La pression directe est la première mesure à prendre pour maîtriser une hémorragie externe grave. S’il y a un objet enfoncé dans la plaie, n’appuyez pas directement dessus et n’essayez pas de l’extraire ; exercez une pression autour et stabilisez-le avec des compresses.

Un garrot disponible dans le commerce peut sauver une vie en cas d’hémorragie catastrophique d’un membre lorsque la pression directe n’est pas suffisante ou ne peut être maintenue. Il doit de préférence être utilisé par une personne formée, mis en place en suivant les instructions du fabricant, l’heure de mise en place doit être notée et il ne doit pas être retiré avant l’arrivée des secours.

Entorses, foulures et fractures éventuelles

Un mauvais appui, une pierre instable ou un dénivelé caché peuvent provoquer une blessure aux chevilles, aux genoux ou aux poignets.

En cas d’entorse :

  • Arrêtez-vous.
  • Retirez avec précaution les bagues ou autres objets susceptibles de comprimer l’articulation en cas de gonflement.
  • Protégez l’articulation et maintenez-la dans une position confortable.
  • Appliquez du froid enveloppé dans un linge pendant de courtes périodes pour soulager la douleur. Ne placez jamais de glace directement sur la peau.
  • Utilisez un bandage élastique comme soutien, sans serrer au point de provoquer des fourmillements, une perte de sensibilité, une pâleur ou une coloration bleuâtre.
  • Surélevez le membre si cela est possible et si cela n’augmente pas la douleur.

Ne forcez pas sur l’articulation pour vérifier si elle « tient ». Si la personne ne peut pas s’appuyer sur le membre, s’il y a une déformation, une douleur intense, une perte de sensibilité ou un craquement accompagné d’un gonflement rapide, il faut suspecter une lésion importante ou une fracture.

N’essayez pas de remettre un os ou une articulation en place. Immobilisez le membre dans la position où vous l’avez trouvé, évitez les mouvements inutiles et demandez de l’aide.

Hypothermie : pas besoin d’une température inférieure à zéro

L’hypothermie peut survenir lorsque le corps perd de la chaleur plus rapidement qu’il n’est capable d’en produire. Elle ne nécessite pas de températures extrêmes : la combinaison de la pluie, du vent, de vêtements mouillés, de l’immobilité et de la fatigue peut la déclencher même par des températures modérées.

Les premiers signes peuvent inclure :

  • Des tremblements intenses.
  • Une maladresse et une perte de coordination.
  • Un discours lent ou confus.
  • Une apathie ou un comportement étrange.
  • Une somnolence.
  • Des difficultés à marcher.

La disparition ou l’atténuation des frissons alors que la personne reste exposée au froid sont des signes particulièrement inquiétants.

Comment réagir

1. Interrompez l’activité et mettez-vous à l’abri du vent et de la pluie.
2. Isolez la personne du sol.
3. Retirez délicatement les vêtements mouillés et remplacez-les par des vêtements secs.
4. Couvrez particulièrement le torse, la tête et le cou.
5. Utilisez la couverture thermique comme protection supplémentaire, sans vous fier uniquement à elle.
6. Si la personne est complètement éveillée et capable d’avaler, proposez-lui une boisson tiède et sucrée.
7. Appelez le 112 en cas de confusion, de maladresse marquée, de somnolence, de tremblements incontrôlables ou d’aggravation de l’état.

La personne doit être manipulée avec douceur. Il ne faut pas frotter la peau, administrer d’alcool ni appliquer une chaleur très intense directement sur les extrémités. En cas d’hypothermie modérée ou grave, le réchauffement doit se concentrer progressivement sur le tronc.

Épuisement dû à la chaleur et coup de chaleur : ce ne sont pas la même chose

La chaleur, l’activité physique, le manque d’ombre et une hydratation insuffisante peuvent provoquer différents degrés de maladies liées à la chaleur.

L’épuisement dû à la chaleur se manifeste généralement par une transpiration intense, une faiblesse, des vertiges, des maux de tête, des nausées, des crampes et une sensation d’évanouissement.

Face à ces symptômes :

  • Arrêtez immédiatement l’activité.
  • Conduisez la personne à l’ombre ou dans un endroit aéré.
  •  Retirez ou desserrez les vêtements superflus.
  • Refroidissez la peau avec de l’eau, des linges humides et en assurant une bonne ventilation.
  • Si la personne est pleinement consciente et capable d’avaler, proposez-lui de l’eau fraîche ou une boisson réhydratante par petites gorgées.
  • Ne la laissez pas reprendre la chasse ce jour-là.

Si son état ne s’améliore pas nettement au bout d’environ 30 minutes, s’il s’aggrave ou si des troubles neurologiques apparaissent, appelez le 112.

Le coup de chaleur est une urgence potentiellement mortelle. Il faut le suspecter en cas de confusion, de désorientation, de comportement étrange, de convulsions, de perte de conscience ou de température corporelle très élevée. La peau peut être chaude et n’est pas toujours sèche ; la personne peut continuer à transpirer.

Que faire en cas de coup de chaleur présumé ?

1. Appelez immédiatement le 112.
2. Transportez la personne dans un endroit frais et ombragé.
3. Retirez les vêtements superflus.
4. Commencez à la rafraîchir rapidement en humidifiant sa peau avec de l’eau fraîche et en l’éventant.
5. Appliquez des compresses froides sur le cou, les aisselles et les aines si vous en disposez.
6. Surveillez en permanence la respiration et l’état de conscience.
7. Ne donnez pas de liquides si la personne est désorientée, somnolente, en proie à des convulsions ou incapable d’avaler en toute sécurité.

Le refroidissement ne doit pas être retardé en attendant l’arrivée des secours. L’INSST rappelle qu’une personne victime d’un coup de chaleur a besoin d’une prise en charge hospitalière immédiate.

Piqûres, tiques et réactions allergiques

En cas de piqûre bénigne, nettoyez la zone et appliquez du froid enveloppé dans un linge pour réduire la douleur et l’inflammation.

En cas de difficultés respiratoires, de gonflement des lèvres ou de la langue, de voix enrouée, de vertiges intenses ou d’atteinte généralisée, il peut s’agir d’une réaction allergique grave. Appelez immédiatement le 112. Si la personne dispose d’un auto-injecteur d’adrénaline prescrit, aidez-la à l’utiliser en suivant son plan médical et les instructions du dispositif.

Les tiques doivent être retirées dès que possible à l’aide d’un outil adapté ou d’une pince fine, en les saisissant près de la peau et en tirant d’un mouvement continu et perpendiculaire, sans les écraser ni les tordre. Nettoyez ensuite la zone et surveillez l’apparition de fièvre, de malaise ou d’une lésion cutanée qui s’étend. N’appliquez pas d’huile, d’alcool, de chaleur ni d’autres remèdes pour tenter de les faire lâcher prise.

Que faire si vous chassez seul

Partir seul exige une préparation plus rigoureuse. Avant de partir :

  • Indiquez à une personne de confiance la zone, l’itinéraire et l’heure prévue de retour.
  • Signalez tout changement de programme.
  • Emportez un téléphone chargé et protégé de l’humidité.
  • Téléchargez des cartes pour pouvoir les utiliser sans réseau.
  • Notez les points d’accès et les points d’évacuation.
  • Vérifiez les prévisions météorologiques.
  • Emportez de l’eau, de la nourriture et une couche thermique supplémentaire.
  • Fixez une heure limite de retour.

Le téléphone ne remplace pas la préparation : dans les vallées, les ravins et les zones montagneuses, il se peut qu’il n’y ait pas de réseau.

La meilleure trousse de secours comprend également une formation

Une trousse de secours complète peut aider à soigner une blessure, à protéger une articulation ou à éviter une perte de chaleur supplémentaire. Mais son efficacité dépend de la capacité de la personne à localiser le matériel et à l’utiliser correctement en situation de stress.

Suivre une formation aux premiers secours, apprendre la réanimation cardio-pulmonaire et s’entraîner à la localisation à l’aide de coordonnées apporte plus de sécurité que d’ajouter du matériel dont on ignore le fonctionnement.

Avant chaque sortie, vérifiez trois éléments : trousse de secours, moyens de communication et planification. En montagne, quelques minutes de préparation peuvent éviter des heures d’improvisation.

Foire aux questions sur la trousse de secours du chasseur

Où faut-il transporter la trousse de secours ?

Dans un compartiment accessible du sac à dos ou du gilet, à l’intérieur d’un sac étanche et clairement identifié. Les compagnons doivent savoir où elle se trouve.

Est-il obligatoire d’emporter un garrot ?

Il ne fait pas partie des éléments indispensables de toutes les trousses de secours. Il peut être recommandé pour certaines activités et dans des zones reculées, mais il doit s’agir d’un modèle commercial homologué et la personne qui l’emporte doit avoir reçu une formation pratique à son utilisation.

La couverture thermique est-elle efficace pour traiter l’hypothermie ?

Elle aide à réduire la perte de chaleur, notamment en faisant barrière contre le vent et l’humidité, mais elle ne génère pas de chaleur par elle-même. Elle doit être associée à une isolation par rapport au sol, à des vêtements secs et à une protection contre les éléments.

Quand faut-il appeler le 112 ?

En cas d’hémorragie importante, de perte ou d’altération de la conscience, de difficultés respiratoires, de douleur intense, de déformation, de fracture présumée, de traumatisme grave, de coup de chaleur, d’hypothermie accompagnée de confusion ou de toute situation empêchant une évacuation en toute sécurité.

À quelle fréquence faut-il vérifier la trousse de secours ?

Au moins avant chaque saison, après l’avoir utilisée et chaque fois qu’elle a été exposée pendant longtemps à l’humidité, au froid ou à la chaleur. Il faut également vérifier les dates de péremption et l’état des emballages.

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