La journée de chasse commence bien avant d’arriver au terrain de chasse. Préparer le matériel, vérifier le véhicule et planifier l’itinéraire font partie d’une routine que de nombreux chasseurs connaissent bien.
Il existe toutefois un risque souvent sous-estimé : les accidents de la route provoqués par la présence d’animaux sauvages sur la chaussée.
Les déplacements tôt le matin ou au crépuscule, courants dans le cadre de la chasse, coïncident précisément avec les moments d’activité maximale d’espèces telles que le sanglier, le chevreuil ou le cerf. De plus, ces trajets empruntent souvent des routes secondaires, des voies locales ou des zones rurales où la présence d’animaux est fréquente.
Savoir comment prévenir ce type d’accidents et comment réagir s’ils se produisent est essentiel pour assurer notre sécurité et celle des autres occupants du véhicule.
Pourquoi les chasseurs courent-ils un risque accru d’être victimes de ces accidents ?
Bien que tout conducteur puisse être impliqué dans une collision avec un animal sauvage, les chasseurs y sont particulièrement exposés pour plusieurs raisons :
- Les déplacements ont généralement lieu avant l’aube ou après le coucher du soleil.
- Ils circulent souvent sur des routes secondaires où la visibilité est réduite.
- De nombreux itinéraires traversent des zones forestières, agricoles ou des zones à forte densité de gibier.
- À certaines périodes de l’année, comme pendant les périodes de rut ou de dispersion de certaines espèces, l’activité animale augmente considérablement.
C’est pourquoi l’adoption d’habitudes de conduite préventive doit faire partie intégrante de la préparation de toute sortie en pleine nature.
Les espèces à l’origine du plus grand nombre d’accidents et leur comportement
Comprendre le comportement des principales espèces cynégétiques peut nous aider à anticiper les situations à risque.
Le sanglier : imprévisible et souvent en groupe
Le sanglier est l’une des espèces les plus impliquées dans les accidents de la route dans de nombreuses régions d’Espagne.
Quelques caractéristiques à prendre en compte :
- Il se déplace généralement en groupes familiaux ou en hardes.
- Si un individu adulte traverse la route, il est très probable que d’autres le suivent immédiatement après.
- Il est très actif la nuit et au crépuscule.
- Il est particulièrement abondant dans les zones proches de cultures et de massifs forestiers.
De plus, en raison de sa constitution robuste et de sa petite taille, les collisions peuvent causer des dommages importants à l’avant et au bas du véhicule.
Le chevreuil : le roi des routes secondaires
Le chevreuil est une autre espèce fréquemment impliquée dans ce type d’accidents.
Son comportement peut compliquer la réaction du conducteur :
• Il effectue des mouvements rapides et apparemment erratiques.
• Il est parfois désorienté par les phares du véhicule.
• Pendant la période du rut, généralement en été, ses déplacements augmentent considérablement.
• Il peut rester caché en bordure de route jusqu’à ce qu’il surgisse soudainement sur la chaussée.
Cerf : moins fréquent, mais potentiellement plus grave
Bien que les accidents impliquant des cerfs soient moins courants, leurs conséquences peuvent être plus graves en raison de la taille de l’animal.
Aspects importants :
- Pendant la période du brame, les déplacements des mâles s’intensifient
- Leur masse corporelle importante peut causer des dommages structurels considérables.
- Ces accidents sont plus fréquents dans certaines zones montagneuses et dans les grandes étendues forestières.
Comment repérer les zones à risque avant l’apparition d’un animal
Une conduite sûre ne repose pas uniquement sur la rapidité de réaction, mais aussi sur la capacité à interpréter l’environnement.
Soyez attentif à la signalisation spécifique
Les panneaux de danger signalant le passage fréquent d’animaux sont installés sur des tronçons où des incidents ont déjà été signalés ou où la présence d’animaux sauvages est courante.
Les ignorer peut constituer une grave erreur.
Observez les abords de la route
Certains éléments augmentent la probabilité de rencontrer des animaux sur la chaussée :
- Les routes traversant des zones boisées.
- Les tronçons à proximité de cultures agricoles.
- Les zones situées près de rivières, de ruisseaux ou de points d’eau.
- Les couloirs naturels entre deux massifs forestiers.
- Les zones où les clôtures cynégétiques sont détériorées.
Redoublez de prudence aux heures critiques
Les moments les plus risqués se concentrent généralement :
- Entre une heure avant et une heure après le lever du soleil.
- Du coucher du soleil jusqu’aux premières heures de la nuit.
Ce sont précisément les plages horaires habituelles pour de nombreux déplacements liés à la chasse.
Techniques de conduite préventive pour réduire les risques
Adaptez votre vitesse à l’environnement
Rouler dans les limites légales ne signifie pas toujours rouler à une vitesse sûre.
Dans les zones où la faune est très présente, il est recommandé de modérer sa vitesse afin de disposer d’une plus grande marge de réaction.
Réduire sa vitesse de seulement 10 ou 20 km/h peut faire une différence significative sur la distance de freinage.
Gardez une vision globale de la route
Évitez de concentrer toute votre attention uniquement sur la zone éclairée par les phares.
Balayez du regard :
- Les accotements.
- Les reflets ou mouvements éventuels dans la végétation.
- Les zones où le relief limite la visibilité.
Utilisez correctement vos feux
Lorsque les circonstances le permettent et sans éblouir les autres usagers :
- Les feux de route peuvent aider à repérer les animaux plus tôt.
- En cas de circulation en sens inverse, repassez immédiatement en feux de croisement.
Maintenez une distance de sécurité adéquate
Si vous vous rendez au terrain de chasse avec d’autres personnes, évitez de rouler trop près du véhicule qui vous précède.
Une plus grande distance permet de mieux réagir en cas de freinage imprévu.
Que faire si un animal surgit soudainement ?
Si un animal s’engouffre sur la chaussée, la réaction instinctive est généralement d’essayer de l’éviter. Cependant, cette manœuvre peut avoir des conséquences plus graves.
Freinez fermement et maintenez votre trajectoire
La recommandation générale est la suivante :
- Tenez fermement le volant.
- Freiner fortement et de manière contrôlée.
- Maintenir le véhicule dans sa voie.
Sur les véhicules équipés de l’ABS, il faut exercer une pression ferme et continue sur la pédale de frein.
Évitez les mouvements brusques du volant
Tenter d’éviter l’animal peut entraîner :
- Des sorties de route.
- Des chocs contre des arbres ou des glissières de sécurité.
- Des collisions frontales avec d’autres véhicules.
Bien souvent, ces situations s’avèrent plus dangereuses que la collision avec l’animal elle-même.
N’oubliez pas qu’ils se déplacent rarement seuls
En particulier dans le cas des sangliers : si un individu traverse la route, il est très probable que d’autres apparaissent immédiatement après.
Ne reprenez pas la route précipitamment.
Que faire en cas d’accident
Privilégiez toujours la sécurité
Après la collision :
- Arrêtez le véhicule dans un endroit sûr, dans la mesure du possible.
- Allumez les feux de détresse.
- Enfilez le gilet réfléchissant avant de sortir du véhicule.
- Signalez correctement l’incident conformément à la réglementation en vigueur.
Vérifiez l’état des occupants
Évaluez s’il y a des blessés et demandez une assistance médicale si nécessaire.
Contactez les services d’urgence
Appelez le 112 pour signaler la situation, notamment lorsque :
- Il y a des blessés.
- L’animal se trouve encore sur la chaussée.
- Les dégâts sont importants.
Ne vous approchez pas de l’animal
Un animal blessé peut réagir de manière agressive et imprévisible.
Ceci est particulièrement important dans le cas du sanglier.
Évitez :
- De le manipuler.
- D’essayer de le déplacer.
- De l’achever de votre propre initiative.
Les autorités compétentes détermineront la marche à suivre appropriée.
Documentez correctement l’accident
Dans la mesure où les conditions de sécurité le permettent :
- Prenez des photos du véhicule.
- Notez la position de l’animal.
- Prenez des photos de la route et de la signalisation en place.
- Conservez toutes les informations nécessaires pour l’assureur.
Aspects juridiques fondamentaux à connaître
La responsabilité en cas d’accident impliquant la faune sauvage peut dépendre de multiples facteurs et de la réglementation en vigueur à chaque instant.
C’est pourquoi :
- Il est important de disposer d’une police d’assurance offrant des garanties adaptées.
- Il est conseillé de vérifier régulièrement les conditions de l’assurance.
- Il est recommandé de se procurer un procès-verbal ou un rapport officiel lorsque cela est possible.
En cas de doute particulier, le plus prudent est de consulter directement la compagnie d’assurance ou un professionnel spécialisé.
Kit de sécurité recommandé pour le véhicule du chasseur
Outre l’équipement habituel de chasse, il peut être utile d’avoir toujours dans son véhicule :
- Un gilet réfléchissant homologué.
- Une lampe frontale ou une lampe de poche.
- Une batterie externe pour le téléphone portable.
- Trousse de premiers secours de base.
- Couverture thermique.
- Chargeur pour le véhicule.
- Copie facilement accessible des documents d’assurance.
- Eau potable et vêtements chauds pendant les périodes froides.
Ces éléments peuvent s’avérer d’une grande aide en cas d’urgence.
La meilleure journée de chasse est celle qui se termine en toute sécurité
La sécurité du chasseur commence bien avant de s’enfoncer dans la forêt.
Conduire prudemment, adapter sa vitesse aux circonstances, connaître le comportement de la faune et savoir comment réagir face à une situation imprévue sont des aspects fondamentaux pour réduire les risques lors des trajets vers le territoire de chasse.
Car, au final, le plus beau trophée restera toujours de rentrer chez soi sain et sauf après une journée passée à vivre notre passion pour la chasse.