Conseils pour rester en sécurité lors d'une chasse à courre sur terrain humide et boueux
8 de janvier de 2026

Conseils pour rester en sécurité lors d’une chasse à courre sur terrain humide et boueux

La chasse à courre est déjà en soi une activité exigeante : beaucoup de monde dans les bois, des postes, des meutes, des tirs, des changements de rythme…

Si vous ajoutez à cela la pluie, la boue et un terrain glissant, le risque augmente. Et le chasseur le sait : il ne s’agit pas seulement de « tenir le coup toute la journée », mais de rentrer chez soi sain et sauf.

La sécurité commence bien avant le premier coup de feu. Elle commence lorsque vous regardez le ciel, consultez la météo, choisissez votre équipement et enfilez vos bottes. À partir de là, chaque détail compte.

Comprendre le terrain : boue, eau et dénivelés

Lors d’une chasse en battue sur un terrain humide, trois éléments sont presque toujours présents :

Les pentes couvertes d’herbe humide : elles semblent inoffensives, mais sont en réalité de véritables patinoires.
Les chemins boueux et les ornières : l’eau stagne dans les creux et transforme le terrain en piège.
Les pierres humides et les rochers polis : une combinaison dangereuse lorsque l’on baisse sa garde.
Avant de vous installer à votre poste, il est utile d’observer l’environnement :

  • Par où allez-vous monter et descendre ?
  • Où y a-t-il le plus de boue ?
  • Y a-t-il des zones rocheuses ou des racines qui pourraient vous jouer un mauvais tour ?
  • Avoir une vision claire de ces éléments vous aidera à choisir le meilleur chemin et à réduire les risques lorsque la chasse se déplace ou qu’il faut changer de zone.

Le rôle des chaussures : adhérence, stabilité et imperméabilité

Dans ces conditions, le choix des bottes n’est pas un détail : c’est un facteur de sécurité.

De bonnes bottes de chasse pour la chasse au sanglier dans la boue doivent offrir :

  • Une semelle bien crantée : un dessin profond qui « mord » dans la boue et l’herbe humide.
  • Une stabilité latérale : une tige moyenne ou haute pour maintenir la cheville lorsque vous marchez sur des pierres, des racines ou des ornières.
  • Imperméabilité et respirabilité : la combinaison de l’eau, de la pluie fine et de la boue fait que, si les bottes ne sont pas efficaces, vos pieds seront trempés en une heure. Un pied froid et mouillé est un pied maladroit.
  • Bon maintien du talon : les descentes boueuses sont critiques ; si le talon n’est pas bien maintenu, la glissade est presque garantie

Sur un terrain difficile, le chasseur doit pouvoir compter sur chaque pas. S’il pense davantage à ne pas tomber qu’à ce qui se passe autour de lui, il perd de son attention, de sa sécurité et de son efficacité à son poste.

Vêtements et équipement : quand l’eau ne pardonne pas

La boue ne vient presque jamais seule : elle s’accompagne généralement de pluie, de brouillard ou d’une humidité constante.

Quelques points clés :

  • Des couches, pas « un gros manteau » :
  • Une couche intérieure qui évacue la transpiration.
  • Une couche intermédiaire thermique.
  • Une couche extérieure imperméable et silencieuse.
  • Des vêtements silencieux : lors d’une chasse en battue, ce n’est pas aussi critique que lors d’une chasse à l’affût, mais les tissus rigides et bruyants, mouillés, deviennent gênants.
  • Gants et bonnet : avec l’humidité et le froid, les mains perdent leur sensibilité et la tête perd de la chaleur. Ce ne sont pas des accessoires, c’est une question de sécurité.
  • Gilet ou vêtements haute visibilité lorsque l’organisation l’exige (et même si ce n’est pas obligatoire, c’est une bonne idée). En cas de brouillard, de pluie ou de mauvaise luminosité, il est essentiel de voir et d’être vu.

Sécurité lors des déplacements : de la voiture au poste et du poste à la voiture

La plupart des blessures lors de la chasse ne se produisent pas lors du tir, mais lors des déplacements :

En montant ou en descendant rapidement au poste.
En traversant un ruisseau avec des pierres mouillées.
En glissant sur une pente boueuse pendant que vous ramassez.
Quelques habitudes simples font toute la différence :

  • Évitez de courir : le sanglier peut attendre, mais pas votre genou ou votre cheville.
  • Utilisez un bâton ou un appui dans les zones très boueuses ou en pente.
  • Recherchez toujours le sol le plus propre : bord du sentier, zone herbeuse, pierres offrant une meilleure adhérence.
  • Ne vous fiez pas aux zones « déjà connues » : avec la boue, le terrain habituel se comporte différemment.

Arme et boue : une combinaison dangereuse si elle n’est pas maîtrisée

Les jours de boue et de pluie :

  • L’arme est mouillée, sale et reçoit des coups.
  • Le froid et l’humidité affectent la sensibilité des doigts.
  • Les changements de posture sont plus fréquents car il est difficile d’être à l’aise à son poste.

Quelques points de sécurité fondamentaux :

  • Gardez toujours le canon sous contrôle : ne le pointez jamais vers des personnes, des meutes ou des zones non sécurisées, même si cela est très inconfortable.
  • Vérifiez l’état du canon si de la boue ou de l’eau est tombée dans la bouche.
  • Ne tirez pas « par compromis » : si le terrain est glissant et que vous n’avez pas une posture stable, il vaut mieux laisser passer l’occasion que de prendre le risque d’un tir dangereux.

Attitude du chasseur : prudence, patience et sang-froid

Le vrai chasseur sait qu’aucun sanglier, cerf ou gibier ne vaut un accident. Lors d’une chasse en battue dans la boue, c’est la tête qui commande :

  • Acceptez d’aller plus lentement : c’est le terrain qui commande, pas la montre.
  • Soyez prudent lorsque vous entrez et sortez de votre poste, même si les chiens aboient et que vous avez la main « chaude ».
  • Prévenez si vous tombez ou vous foulez le pied : terminer la journée blessé n’est pas un trophée.

L’expérience compte, mais la prudence prime. Et les jours de boue, les bons chasseurs se reconnaissent à leur façon de se déplacer… et pas seulement à ce qu’ils abattent.

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